L’Appel à Projets Innovation 2020 lancé par EUROSIMA et Outdoor Sports Valley (OSV), a récompensé cette année l’entreprise française Soöruz pour sa démarche innovante visant à réduire la part d’origine fossile dans ses combinaisons.
Eurosima Award 2020
C’est l’entreprise française Soöruz qui s’est démarquée par son approche innovante visant à réduire la part d’origine fossile dans ses combinaisons.
Depuis sa création en 1999, « nous avons placé l’innovation dans l’ADN de la société » explique Yann Dalibot, le fondateur de Soöruz. Mais c’est à partir de 2013 que l’entreprise spécialisée dans la création et la distribution de combinaisons et d’accessoires techniques en néoprène, s’intéresse de près à l’innovation responsable. « Nous avions développé le Yulex à l’époque avec Patagonia, et nous avons utilisé tout ce qu’il y avait de disponible sur le marché pour réduire la part de matières d’origine fossile dans nos combinaisons ».
« Nous avons travaillé sur toute l’organisation de la société et sur le cycle de vie complet des produits ; à commencer par le choix des usines et le choix des matériaux en favorisant les composants organiques ou issus du recyclage, le recyclage et la revalorisation des déchets de production et la fin de vie des combinaisons ».
« C’est à ce moment là qu’on a eu l’idée d’introduire la coquille d’huîtres qui est du calcaire renouvelable dans la composition des combinaisons. Nous avons donc essayé de remplacer la roche Limestone (calcaire) issu des mines, très énergivore lors de l’extraction et de l’exploitation, par une matière équivalente renouvelable issue de déchets. » Il a fallu deux années de recherche pour aboutir à la création de deux nouveaux modèles de combinaisons : la Green Line utilisant la mousse Biöprène (assemblage de calcaire d’huître, d’hévéa, de déchets de cannes à sucre et de graines non-comestibles bio, 60% bio-sourcée) le produit le plus écologique du marché aujourd’hui ; et la Guru Pro à base de mousse Oysterprène , une combinaison haut de gamme, avec une mousse très souple dans laquelle on retrouve de la poudre de coquilles d’huître à 20%.
Soöruz a mis ces deux matériaux à disposition des autres marques du secteur en open source.
Sur les sites de production, les chutes de néoprène sont transformées en accessoires : porte-clés, pochettes à wax, housses isothermes pour bouteilles… Les plus petites chutes servent de rembourrage à des entreprises locales.
La marque collecte aussi les combinaisons usagées. Elle a investi dans un broyeur qui les transforme en granulés de néoprène, utilisés comme matériau de rembourrage. Depuis 2019, plus de 40 000 combinaisons ont été collectées.
Dans son atelier de réparation, Soöruz encourage ses clients à faire réparer leurs combinaisons abîmées, ou à les donner à des associations qui rendent le surf accessible aux plus défavorisés.
Soöruz invite les autres marques et acteurs du secteur à partager leurs avancées pour réduire ensemble l’impact des combinaisons de surf.